Abla abu Elbeh

Poste: 
Secrétaire générale du parti démocratique du peuple jordanien HASHD

Premier dialogue régional Euromed : Du renforcement du rôle des femmes dans la société à l'élaboration de politiques d'égalité des genres

3 février 2016, Amman

LES CONCLUSIONS MINISTERIELLES PEUVENT-ELLES ETRE UN DOCUMENT DE POLITIQUE D'EGALITE ENTRE LES SEXES

La réponse dépend de: la proximité (proche ou loin) entre ces conclusions et la situation sociopolitique en Jordanie. Elle dépend aussi de leur proximité avec les préoccupations des femmes de notre région.

Alors la réponse est oui!

Étant donné que dans ces conclusions, il a été mentionné que le renforcement du rôle des femmes est une question politique et sociale - et nous aimons appeler cela une question nationale.

Situer les questions relatives aux femmes au même niveau que les questions nationales signifiera que le Royaume de Jordanie a des obligations envers les femmes et envers les accords et les pactes, régionaux et internationaux, qu’il a signés sur les droits des femmes.

Les conclusions faisaient état d’une « tolérance sociale » à l'égard des politiques discriminatoires envers les femmes. Je voulais suggérer une meilleure expression: « conspiration sociale » en raison de la culture discriminatoire dominante; sinon qu’est ce qui pourrait expliquer la réticence officielle à modifier le sixième article de la Constitution pour affirmer clairement l'égalité des droits et des devoirs entre les hommes et les femmes malgré l'expérience commune de la vie civile et sociale ouverte dans ce pays? C'est le respect de la culture discriminatoire dominante.

Quant à l'effet des conflits sanglants dans la région arabe sur les droits des femmes, il est bon de préciser : le conflit n'a jamais cessé entre les forces progressives et réactionnaires. Dans la période précédant la défaite du Printemps arabe, le conflit marchait lentement mais sûrement en faveur des droits des femmes. Maintenant, cependant, et à cause des virages sectaires, religieux et ethniques que ce conflit a pris avec sa nature discriminatoire, les droits des femmes ne sont plus une priorité. En fait, ces conflits ont créé un environnement antithétique aux intérêts des femmes, en particulier avec leur jonction avec les cadres réactionnaires et sexistes, et surtout maintenant que la religion, avec tout son poids idéologique et sociétal, les a pris en main.

Et ici, je voudrais dire que l'identification des défis et des difficultés ne signifie pas y succomber, mais trouver des moyens nouveaux et nécessaires pour lutter pour les droits des femmes.

Je suggère donc que toutes les forces nationales s’unissent en une alliance qui inclut les pouvoir exécutif et législatif ainsi que les organisations de la société civile, dans l’espoir que cette alliance aboutisse à une stratégie avancée pour faire face à la retraite actuelle de manière pratique et délibérée.

Mme Abla Abu Elbeh

Février 2016