Intisar Alamyal

Poste: 
Coordinatrice – Alliance NAP1325

Les droits des femmes en Irak

L’agent de contrôle a refusé mes papiers pour renouveler mon passeport parce que je n’étais pas voilée dans la photo- un précédent sérieux et le plus dangereux des indicateurs dans le gouvernorat de Najaf.

Je suis une citoyenne irakienne. Le dimanche 5 juillet 2015 au matin, je me suis rendue à la Direction des passeports de la Direction de la nationalité de Najaf pour renouveler mon passeport. J’étais accompagné par mon père et avais en ma possession tous les documents nécessaires avec les photos et le formulaire pour renouveler mon passeport.

Je suis rendue au bureau de l'agent de vérification afin de faciliter le traitement des documents, mais il a refusé de le faire. La seule raison était que je n'étais pas voilée sur la photo! Il a refusé de prendre mes papiers même s'il pouvait voir que ma photo ordinaire sans voile était sur tous mes documents, y compris sur mon certificat de nationalité qui a été renouvelé il y a six mois par la même Direction de la nationalité de Najaf.

Je n'ai pas perdu espoir et j'ai recommencé la procédure. Je suis allé chez le directeur, le colonel Ali Khazal Abdel Kareem, qui a écrit sur mon papier que les mesures nécessaires devraient être prises pour traiter la délivrance du passeport. Je suis ensuite retournée au même guichet (19) mais l’officier a insisté fortement sur le fait que les documents ne seraient pas traités avec ces photos. Il a même refusé d'écrire une réponse au directeur et m'a demandé: Où habites-tu?

J’ai répondu: J’habite en Irak!

Je me suis ensuite rendue chez le directeur du département des passeports et lui ai parlé du refus répété de l'officier, pendant que mon père lui disait que c'était une liberté personnelle et que cela était contraire à la loi et à la constitution. Le directeur n'a pas eu de réponse satisfaisante et j'ai conclu que le directeur, qui était colonel, n'avait pas autorité sur un lieutenant au sein de son ministère et qu'il n'était pas en mesure de s'acquitter de ses tâches et responsabilités à l'égard d'une transaction en cours traitée pour une citoyenne irakienne, juste parce qu'elle n'était pas voilée sur sa photo.

Pour la première fois, j'ai senti que je n'étais pas en Irak et je me suis alors rendu compte que je n'avais même pas le moindre de mes droits humains garantis par la constitution de mon pays.

La Constitution irakienne stipule que nous sommes libres dans nos pensées, nos consciences, nos croyances, nos affiliations et nos opinions, nos mouvements et nos déplacements, mais ce qui se passe vraiment c'est que nous sommes en fait privés de nos droits fondamentaux. De plus, nous sommes forcés et contraints et notre dignité, nos droits et nos valeurs humanitaires ne sont pas protégés.

J'ai demandé à toutes les parties concernées, aux personnes concernées et aux partisans de la Constitution et des droits de l'homme en Irak de faire le suivi de ces violations flagrantes, de trouver des solutions et des remèdes et  demander des comptes à toute personne qui cause une violation des droits des femmes et des droits de l'homme.