Le pouvoir et la démocratie

La vraie démocratie signifie que les femmes ont une part égale du pouvoir dans la sphère publique / productive et une responsabilité partagée dans la sphère privée / reproductive.

La féminité est une construction historique qui a eu pour conséquence directe la subordination de la femme dans la sphère privée et son exclusion de la sphère publique. Ce qui est masculin est encore universellement considéré comme une norme, et ainsi l'homme est défini comme étant plus important et de plus grande valeur que la femme. La domination patriarcale persiste encore dans toutes les sociétés et la question du pouvoir de genre est présente dans toutes les sphères de la vie. La présence de femmes dans les domaines décisionnels et les procédures de codécision dans ces domaines sont des enjeux démocratiques. La démocratie demeurera un concept vide si les femmes et les hommes continuent d’avoir une part inégale dans les processus de prise de décision dans la sphère productive - un processus qui n'est ni indirect ni dissimulé- et une part inégale de responsabilité dans la sphère productive. Notre approche féministe de l'analyse de la démocratie comprend la mise en lumière de l'interaction entre les sphères publique et privée qui justifie l'exclusion et la subordination des femmes.

L’IFE-EFI estime que la nature humaine nécessite d'urgence un nouveau contrat social, avec des relations de pouvoir transformées entre les hommes et les femmes, et de nouvelles règles de la démocratie, où le pouvoir n'est plus synonyme de domination. Où la démocratie est synonyme de partage égal de la prise de décision afin de pouvoir construire ensemble, femmes et hommes, et non pas une démocratie comme outil autoritaire ou un moyen d’oppression. La lutte contre la domination de genre fait partie d'un projet global qui remet en cause toutes les formes d'exploitation et d'oppression. En Europe, il n'y a pas d'opposition qui interdise aux femmes d'accéder au pouvoir, mais il existe de nombreux obstacles et des moyens de résistance pernicieux qui freinent leurs élans participatifs : le poids des traditions et la force des stéréotypes, la distribution inégale des tâches ménagères et du temps social, la ségrégation entre les sexes dans les emplois et les formations ainsi que l'accès inégal à la connaissance - pour n’en nommer que quelques uns. Ainsi, même si les structures économiques, politiques et sociales ont toutes pour objectif de changer la société, seule une démocratie sensible au genre est une pré-condition pour une transformation totale des sociétés vers une vraie démocratie basée sur le respect et la mise en œuvre des droits des femmes en tant que droits humains universels.