RDFL lance sa campagne médiatique contre le mariage précoce

16 oct 2017
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Le 11 octobre 2017, le Rassemblement Démocratique des Femmes Libanaises (RDFL) a lancé sa campagne médiatique nationale contre le mariage des enfants intitulée « #PasAvant18ans (#NotBefore18) » lors d’une conférence de presse qui s’est tenue à la maison des avocats à Beyrouth.

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M. Jean Oghasapian, le ministre d'État aux Affaires féminines, Mme Claudine Aoun Rokouz, présidente de la Commission nationale des femmes libanaises, l'ancienne ministre Wafaa Al Dika Hamza, le député Elie Kayrouz, l'avocate Lara Saadeh représentant le  Député Sami Gemayel, l’avocate Elizabeth Al Siofi représentant le Ministre des Droits de l'Homme Ayman Shkeir, un représentant de l'ambassadeur de France au Liban, un représentant de l'Ambassadrice Christina Lassen, cheffe de la délégation de l'Union européenne au Liban, ont assisté à la conférence ainsi qu’un grand nombre de journalistes, de reporters, d’artistes, d’acteurs et de représentants d’organisations internationales, politiques, civiles et pour les droits des femmes.

La conférence a débuté avec un discours de la Présidente de RDFL, Mme Leila Mrouwe, qui a souligné la prévalence du mariage forcé en particulier dans les zones rurales. Elle a aussi expliqué que le terme « mariage forcé » devrait être utilisé à la place de « mariage précoce » parce que la décision du mariage n’a pas été prise par l’intéressée mais par une autre partie qui s’est octroyée le droit de choisir à sa place étant donné que les fillettes n’ont pas les capacités intellectuelles, légales, psychologiques et de santé leur permettant de faire un choix libre et conscient.

En réponse à certaines prétentions selon lesquelles une fille âgée de 15, 16 ou 17 ans peut se marier si elle le souhaite, la présidente a répliqué que tant que cette fille ne peut pas entreprendre seule d’actions légales, comme avoir un permis de conduire, nous ne pouvons pas compter sur son désir de s'engager comme une justification suffisante au mariage en raison du manque d'admissibilité de la fille et des complications sérieuses qui peuvent être laissées par cette étape. Elle a ajouté que toute fille de moins de 18 ans, même d'un jour, est toujours considérée comme une enfant et a pleinement droit à une protection juridique contre le mariage précoce.

 

Elle a déclaré dans son discours que RDFL a travaillé sur la préparation d'un projet de loi pour la « Protection des enfants contre le mariage précoce » en coopération avec un groupe de juges et d'avocats. Il a été adopté par le député Elie Kayrouz et présenté au parlement en mars 2017. Malheureusement, le président Nabih Berri s'est abstenu de transférer la loi à la commission parlementaire concernée pour l'examiner. Mrouwe a terminé son discours en soulignant que le droit des femmes à la pleine égalité n'est pas négociable et que l'Etat est la première et unique référence pour protéger et garantir les droits de ses citoyens sans aucune distinction ou considérations politiques et doctrinales.

De son côté, Mme Claudine Aoun Roquez, présidente de la Commission nationale des femmes libanaises, a souligné que le mariage des mineures a de multiples conséquences, tant physiques que psychologiques, ainsi que des répercussions sociales négatives sur l'individu et la famille ainsi qu’au niveau de la société dans son ensemble. Elle a ajouté que le mariage forcé est considéré comme une forme de traite des êtres humains et provoque une exploitation sexuelle du corps des jeunes filles. Mme Aoun Roquez a indiqué que la CNFL, en coopération avec le ministre d'État aux Affaires féminines et avec les organisations de la société civile, a décidé de poursuivre le dialogue avec les chefs religieux pour les convaincre de fixer un âge minimum du mariage à 18 ans pour les hommes comme pour les femmes, de mener des campagnes nationales de sensibilisation pour mettre en garde contre les dangers du mariage forcé et pour exhorter le pouvoir législatif à approuver la loi interdisant le mariage des enfants.

La conférence s'est conclue par le discours de Mme Hayat Mirshad, cheffe du département des médias de RDFL, où elle a souligné que le lancement de la campagne médiatique le 11 octobre coïncide avec la Journée internationale des filles, considérant l'importance de l'élimination du mariage des enfants comme une des priorités les plus importantes de nombreuses organisations et pays en raison de son impact négatif sur les filles en les plaçant sous le stress et les risques physiques, psychologiques et sociaux qu'elles ne sont pas prêtes à affronter. Mme Mirshad a mentionné que la campagne se concentre sur les risques sanitaires du mariage des enfants, qui pourraient menacer la vie des filles et la vie du fœtus étant donné qu'avant l'âge de 18 ans, le corps n'est pas complètement développé, l'utérus est immature et le le bassin n'est pas prêt pour la grossesse, laissant plusieurs complications de santé. A la fin de la conférence, Mirshad a présenté les différents supports de campagne médiatique ainsi que les messages de soutien exigeant la détermination de l'âge du mariage au Liban par un certain nombre de professionnels des médias, artistes, religieux et influenceurs de tous les domaines.

Vous pouvez lire l’article sur le site web du Rassemblement démocratique des femmes libanaises RDFL.

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